Les français ont-ils les moyens d’acheter ?

La question se pose pour une raison simple. Le marché de l’immobilier est en berne, la demande est au plus bas. Cela s’est surtout constaté en fin d’année dans l’ancien, où les transactions sont en chute libre.

Paradoxalement, les prix n’ont pas suivi cette tendance et ils se maintiennent à un niveau élevé, à l’exception de produits de moindre qualité en zones rurales.

L’écart entre l’offre et la demande devient de plus en plus grand, les prix dans l’immobilier ont augmenté de 150 % en 15 ans alors que l’augmentation du pouvoir d’achat a été 6 fois moindre, sur la même période.  Au cours des années pour pouvoir accéder à la propriété, les français ont eu recours au crédit, de plus en plus important pour se financer. La limite est quasiment atteinte, les français sont 2 fois plus endettés qu’il y a 15 ans. Certains prédisent une baisse des prix de l’ordre de 5 à 20 % sur les prochains mois.

En 2008, le même constat a été fait. Malgré la crise, le marché est reparti à la hausse par la suite. A l’époque, on disposait d’un levier qui n’est plus disponible aujourd’hui, les taux d’intérêt ! La baisse des taux avait permis de relancer le marché. Or aujourd’hui, ils ont atteint un niveau historiquement bas. De plus, les banques ont durci les conditions des prêts, les apports personnels demandés sont bien plus importants. Ces conditions excluent d’office un grand nombre de ménages au crédit.

Les prix de l’immobilier ne sont plus en phase avec le pouvoir d’achat des français. La structure du marché doit être plus conforme à la situation des ménages. Selon un agent immobilier il est conseillé de faciliter l’accès aux primo-accédants.

L’intervention de l’Etat sur le marché le dérègle. Les incitations (loi Scellier, loi Duflot…) relancent certes le marché mais seulement de manière conjoncturelle. Certaines zones manquent de logements mais d’autres comptent des logements locatifs vides ! Les français ont les plus grandes difficultés à accéder à la propriété alors que des logements locatifs sont vides. On se trouve là face à 2 problèmes bien distincts : inciter la construction de logements neufs est une bonne chose mais il ne faut pas oublier de faciliter l’accès aux primo-accédants par des aides ou des mesures de défiscalisation aux propriétaires.

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